6 janv. 2021

20 octobre 2020 : Restitution nationale de l'Atelier des Territoires « Faire de l’eau une ressource pour l’aménagement »

La restitution nationale de l’Atelier des Territoires mené en 2018 sur la thématique « faire de l’eau une ressource pour l’aménagement » s’est déroulée le 20 octobre 2020 à Paris.

6 territoires ont été sélectionnés en 2018 : Bassin versant du Rupt de Mad, Communauté d’Agglomération d’Épinal, Grand Auxerrois, territoire de l’Aubrac-Margeride, Métropole Aix Marseille Provence, Communauté d’Agglomération du Centre Littoral de Guyane. Les représentants de ces territoires ont apporté leur retour d’expérience de la démarche à l’occasion de cette journée de restitution.

Présentation de la démarche Mad'in L'Eau Reine lors de la table ronde 1

La journée, animée par Sylvain Allemand (journaliste et essayiste), a démarré par 2 tables rondes suivies l’après-midi par les 3 ateliers « au fil de l’eau ».

Un atelier pour s’interroger sur la place de l'eau dans l'aménagement du territoire

Préserver la ressource, faire évoluer les modèles de l’aménagement et les usages tels étaient les paris inscrits dans la session 2017-2019 de l’Atelier des territoires lancée par la Direction générale de l’Aménagement, du Logement, et de la Nature (DGALN) en partenariat avec les Agences et Offices de l’eau et le CEPRI. 

Six territoires ont pu bénéficier de l’accompagnement d’une équipe pluridisciplinaire et des services déconcentrés de l’État pour mettre en place une stratégie territoriale à leur échelle. Le retour d’expérience des ateliers met en évidence les atouts des territoires confrontés à des problématiques variées, liées à la qualité et/ou la quantité de la ressource en eau, à la solidarité amont-aval ou rural-urbain, aux conflits d’usages spécifiques sur la ressource, à l’imperméabilisation à grande échelle...

A partir d’une grande diversité de situations, les acteurs locaux ont coproduit des pistes concrètes et pédagogiques visant à préserver et à valoriser la ressource eau et les milieux vivants dans les stratégies d’aménagement, à différentes échelles (une rivière, une crique, l’eau de pluie, l’eau des champs, etc.).

Ces travaux ont été restitués et mis en débat par les acteurs qui se sont impliqués dans la démarche lors de la rencontre nationale de l’Atelier des territoires, qui s’est tenue le 20 octobre 2020 à la Maison des Métallos, à Paris et à laquelle ont participé environ 80 personnes

La restitution de la matinée par la Directrice adjointe de la DREAL Normandie et le Sous-directeur de l’aménagement durable DGALN

Cette session a révélé les liens entre l’eau et l’espace habité, aux dires et logiques des parties prenantes : les acteurs économiques et habitants, les collectivités, les Agences de l’eau, les services déconcentrés de l’État et une équipe pluridisciplinaire pilotées par des urbanistes ou paysagistes. Tous les ateliers restitués se sont déroulés in situ et in vivo, au contact de géographies, de paysages et de récits de territoires. Différents enjeux croisés étaient au cœur des processus : la qualité de l’eau, le risque inondation, le changement climatique. Il a été question de ralentir l’eau qui court, d’instituer des systèmes de communs et surtout de l’engagement de chacun pour faire vivre des lieux singuliers où l’eau n’est plus un risque ni un impensé de l’urbanisme, mais une ressource.


Table ronde 1 - pédagogie et mise en action autour de l'eau : comprendre pour agir différemment

La matinée s’est ouverte avec une réflexion autour de différents outils, existants, redécouverts ou inventés, qui ont permis aux territoires d’Atelier d’approcher et de rapprocher l’eau et l’aménagement.

Des formes pédagogiques de représentation, des mises en récit du territoire, du terrain, la redécouverte du savoir-faire et du patrimoine local, ou encore la création de gouvernances ad hoc développés à travers les exemples du Grand Auxerrois, de la Métropole Aix Marseille Provence et de Mad’in L’Eau Reine. Ces outils ont permis de créer des formes de coopération réconciliant l’eau, l’urbain et le rural.

Présentation du partenariat Mad'in L'Eau Reine

Des représentants de la démarche Mad'in L'Eau Reine ont témoignés de leur expérience de l’Atelier des Territoires Rupt-de-Mad. Considéré comme un territoire exemplaire pour sa dynamique collective, sa première année de mise en œuvre est détaillée dans le bilan des actions 2019-2020.


Table ronde 2 - rivières et criques : nouveaux usages, nouvelles fonctionnalités

La deuxième séquence de la matinée a mis en valeur les sites d’Atelier où les stratégies dessinées ont réinterrogé les usages liés à l’eau à l’échelle de la géomorphologie des bassins versants, socle paysager structurant.

Deux sites ont été présentés, les bassins versants du Mahury et de Cayenne (Guyane) et le bassin versant de la Moselle (Grand Est, Épinal), où l’entité hydrographique - rivière ou crique - devient vecteur de développement et d’aménagement durable des territoires.

Le retour d'expérience de l'Atelier de Guyane

S’interroger sur la relation eau-territoire à cette échelle convoque nécessairement les enjeux croisés de transition (biodiversité, énergie, mobilité, lutte contre l’artificialisation, cadre de vie, patrimoine, santé, etc.). Ainsi, les objectifs d’une multifonctionnalité retrouvée du réseau des criques en Guyane et de la restauration du fonctionnement naturel de la Moselle à Épinal traduisent un regard changé sur l’eau qui devient vecteur de développement plutôt qu’un risque.


Les 3 ateliers « au fil de l’eau » de l’après-midi : méthodes, acteurs, nouveaux regards

L’après-midi a été consacré à un moment participatif dont le but était d’ouvrir un dialogue sur les expériences d’Atelier et les débats vécus in vivo durant le matin pour en tirer quelques enseignements et perspectives.

Les 3 ateliers "au fil de l'eau"

Ce sont 3 ateliers tournants de 30 minutes qui ont invité les participants à s’interroger sur les méthodes employées, l’implication des acteurs et les questions émergentes.

Ainsi il en est ressorti des pistes telles que l’importance de chaque phase de l’Atelier et son caractère temporaire : mieux préparer « l’avant-atelier » en mobilisant les élus et les techniciens, maintenir la mobilisation des acteurs entre les ateliers en articulant les échelles temporelles du court, du moyen et du long terme, préparer « l’après atelier » à travers des formes d’engagement (une feuille de route, un contrat, une action opérationnelle), ou de gouvernance (contrat de territoire avec l’Agence de l’eau, comité stratégique de l’eau et de l’aménagement, Mad’in L’Eau Reine, etc). Mais aussi l’association des habitants au projet dans la durée ou encore l’élargissement de l’interdisciplinarité hydrologie-urbanisme en associant de nouvelles disciplines (sociologie, économie, histoire, etc).

 Crédit photographique : Sarah Nabyl-Caillou (DGALN)

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